Fières d'être putes de Maîtresse Nikita et Thierry Schaffauser
ISBN : 978-2-35346-001-4
février 2007 - 128 pages (broché) - 7 €

- essai politique -


La presse en a parlé :
« Un livre aussi original qu’important dans l’histoire des luttes contre les violences et les discriminations en France. »
Politis (avril 2007)

« Ici, point de langue de bois : il convient de dire ce que l'on veut; il convient de dire contre quoi on lutte ; il convient de dire où l'on se situe intellectuellement et philosophiquement ; bref, il convient de dire quelle est sa propre conception de la liberté, voire son propre combat "féministe". (…) Outre les vraies questions politiques et philosophiques qu'il pose, ce petit livre élégant et très didactique a aussi le mérite d'interroger les frontières de la prostitution en méditant sur le salariat à l'ère capitaliste. »
Fnac.com (février 2007)



Texte de 4e de couverture :
Non, nous n’avons pas de proxénètes.
Non, nous n’avons pas été violées dans notre enfance, ni par la suite.
Non, nous ne sommes pas toxicomanes.
Non, nous n’avons jamais été forcées de nous prostituer.
Non, nous n’avons pas d’angoisse post-traumatique.
Non, nous ne sommes pas malheureuses.

Oui, nous avons une vie sentimentale.
Oui, nous avons des amies et des amants.
Oui, nous sommes engagées dans la lutte contre les discriminations.
Oui, nous exerçons un métier stigmatisé.
Oui, nous avons choisi ce métier.
Oui, nous voulons les mêmes droits que tous les citoyens de ce pays.

NOUS SOMMES DES PUTES
ET NOUS EN SOMMES FIÈRES

Maîtresse Nikita & Thierry Schaffauser


L'ouvrage :
En rencontrant d’autres putes de toute l’Europe, les auteurs ont pris conscience qu’elles appartenaient à une communauté. Il était temps pour elles que la richesse des outils forgés par les mouvements féministes et homosexuels puissent nourrir l’expression d'une nouvelle parole minoritaire, une parole à la première personne retournant l’insulte en fierté.
C’est sûrement le sens de la publication de Fières d’être putes.
Écrit par deux prostituées à l’origine du groupe activiste « les-Putes » créé à Paris en mars 2006 et de la « Pute Pride » de Paris, l’ouvrage dénonce en premier lieu ce que les auteurs nomment « la putophobie ».
Répliquant aux différentes lois prohibitionnistes, mais aussi aux discours d’associations abolitionnistes, les auteurs argumentent de manière concrète la question de savoir pourquoi ces différentes composantes doivent s’analyser comme appartenant à un même champ, celui des « putophobes ». Les auteurs nous amènent dans un second temps sur les questions de genre et, après avoir déconstruit les discours bien-pensants, en arrivent à une seule réponse : on ne peut opposer le féminisme et les putes, car il existe et doit exister un féminisme pute. Enfin, pour répondre aux problèmes quotidiens auxquels sont confrontées une grande partie de leurs « sœurs », Fières d’être putes, ouvrage politique, jette les bases d’un programme de revendications concrètes à destination des politiques. Savoir si elles seront entendues...

Les auteurs :
Maîtresse Nikita, 47 ans
Elle a trois enfants et 32 ans d’exercice d’un métier méprisé par les uns et adulé par les autres : pute. Pour ceux qui en chercheraient les raisons : oui, elle vient de la DDASS. Mais qu’ils ne se méprennent pas : ses parents adoptifs ont été merveilleux. Elle est aussi ingénieur, elle a été P-DG de sociétés de conseil et photographe.
Pourquoi pute, alors ? Parce qu’à quinze ans elle eu son premier client, que le sexe est une composante essentielle de sa vie, qu’elle aime procurer du plaisir et rendre les gens heureux. Pute, c’est plus qu’une histoire de cul, pour Maîtresse Nikita, c’est un art de vivre. Elle est une femme libre et elle aime son métier : prostituée.

Thierry Schaffauser, 24 ans
Travailleur du sexe peut-être tout simplement d’abord parce qu’il aime les hommes. Il aime le sexe et il considère la prostitution comme une performance artistique, selon la pensée de Grisélidis Réal, une des pionnières du mouvement dès 1975. Il a commencé à travailler dans la rue sur la place de la porte Dauphine, avenue Bugeaud, dans le 16e arrondissement.
Côté militant, il a d’abord combattu contre l’homophobie et le sida avec Act Up. Thierry Schaffauser a alors rencontré Maîtresse Nikita avec qui il est allé à la conférence européenne des sex workers de Bruxelles en octobre 2005.

Argumentaire :
Fières d’être putes expose de manière claire que ni le prohibitionnisme, majoritairement de droite, ni l’abolitionnisme, majoritairement de gauche, ne sont des réponses au proxénétisme ou à la traite des êtres humains. Bien au contraire, l’un comme l’autre placent de plus en plus les prostituées dans la clandestinité, favorisant ainsi le développement de réseaux de proxénètes mafieux.
Les auteurs démontrent alors que le seul et unique moyen de lutter efficacement contre les réseaux d’exploitation de la personne humaine est de leur permettre de sortir de la clandestinité en reconnaissant leur activité comme un métier à part entière, avec ses spécificités, et de leur permettre de l’exercer dans de bonnes conditions. Elles souhaitent exercer leur métier en tant que travailleuses indépendantes et en toute légalité, sans macs ni maisons closes. Elles revendiquent à travers cet ouvrage la légitimité et donc la légitimation de leur travail.
Si Fières d’être putes aborde des questions concrètes pour les travailleuses du sexe, l’ouvrage veut également apporter un nouveau souffle et une direction nouvelle à la mouvance féministe : la lutte des putes est celle de toutes les femmes.