En route vers le clochard
de Riwoal
ISBN : 978-2-35346-007-6
mars 2007 - 128 pages (broché) - 12 €

- premier roman -


La presse en a parlé :
« Riwoal signe un premier roman grinçant et angoissé. »
L'infirmière magazine (mars 2007)

« L’œuvre est un récit très dur, mais empreint d’humour. »
Le Télégramme (juin 2007)

« Un premier roman grinçant, entre humour et dérision, entre jubilation et désespoir. »
L'agenda Stéphanois (été 2007)

Texte de 4e de couverture :
En ce temps-là je lisais Harry Potter mais j’avais des pensées d’adulte. On m’avait mis un pyjama bleu pour m’en dissuader et j’admets volontiers que j’avais l’air d’un con. On y réfléchissait à deux fois avant d’attirer l’attention sur son cadavre.
J’étais allé voir la chef pour lui expliquer que le jour où je voudrais en finir, je viendrais m’égorger devant elle pour qu’elle puisse constater, dans des conditions quasi expérimentales, que le bleu et la mort se marient harmonieusement. Ça l’avait glacée ; trente minutes plus tard on me réhabilita dans mes vêtements.
Mais c’était trop tard. Je l’avais déjà enfilé, leur foutu déguisement, et je n’avais pas du tout l’optimisme de me changer deux fois dans la journée. Le soir venu, j’ai découvert qu’il était plus confortable de vivre le jour en pyjama que de dormir la nuit en jeans. Je me suis mis à bien l’aimer finalement et la vie s’est étirée ainsi, de bleu.
Je l’ai même conservé après l’hôpital. Je pressentais que c’était un costard pour la vie alors quitte à l’assumer jusqu’au bout je l’ai planqué au fond de mon sac le jour de la sortie. En temps normal je n’aurais pas eu le droit, mais cela faisait longtemps que j’avais été éjecté du temps normal. D’ailleurs c’était mon grand regret dans la vie.

L'ouvrage :

On ne saura pas si ce sont ses études de journalisme qui ont conduit Riwoal à Sainte-Anne, en tout cas, il y est. En compagnie de Loup-Garou, dont il partage la chambre, et puis d’autres avec qui il erre aussi bien dans les couloirs de l’institution que dans l’ensemble de ses propositions, vendues à la seule aune de la thérapie et donc aussi contestables que ridicules.
« Vous allez voir, ici c’est pas comme ailleurs », lui avait-on dit. Ce n’est pas ce qu’on retiendra de ce roman. Car Riwoal est un vrai fou, au sens d’un Yves Prigent, c’est-à-dire quelqu’un qui prend le réel en pleine poire, noir et sans filtre. Quant à son égérie, qui s’inquiète quotidiennement de son état, qu’elle ne lise surtout pas ces lignes : « De temps à autre je recevais des coups de fil de Natacha, elle m’appelait pour me poser ses questions à la con, tous les soirs. Par exemple, elle voulait savoir si malgré tout l’air de rien, je l’aimais. » On ne le saura pas, parce que Riwoal, même remis en circulation, n’en finit pas de se poser des questions trop justes.


L'auteur :
Riwoal est né en 1978 à Morlaix. Après des études de lettres, il s’est orienté vers le journalisme et l’écriture. En route vers le clochard est son premier roman.

Argumentaire :
Si le monde de la psychiatrie revendique plus que d’autres la nécessité de la parole, ce n’est assez souvent que dans la perspective d’y traquer le symptôme. Mais n’y a-t-il pas une rationalité du désespoir ?
Ce roman, à sa façon drôle, présente l’intérêt de nous parler de cette maladie bizarre qui consiste à être humain.
Pensionnaire à Sainte-Anne, M. Riwoal est un malade caustique, conscient des limites de l’institution dont il joue le jeu avec une paresse parfois joyeuse, parfois lugubre, parfois les deux à la fois. Un pied dans la tombe, un pied dans l’humour, il semblerait bien que la totalité du discours raisonné de la folie soit le seul à même de restituer l’absurdité et la douleur d’être, que l’on soit hors des murs ou dedans. Quant au personnel hospitalier, acteur du quotidien des patients et vecteur de l’extérieur, il sera ici questionné sur sa schizophrénie possible, qui sera de ne savoir vraiment lui-même à quel monde il appartient.
Il n’empêche, lecteur comme narrateur se sauvent de ces difficultés par le plaisir de la langue, l’auteur étant suffisamment pointilleux à ce sujet pour en faire une préoccupation constante de son personnage.
« D’ailleurs cette immersion dans la thérapie avait une bonne influence sur mon état d’esprit lexical comme put le constater le personnel soignant. J’avais déjà beaucoup moins “envie de me flinguer”, je voulais désormais “m’administrer une balle thérapeutique”. Les infirmières n’aimaient pas trop mon humour j’ai remarqué, “on plaisante pas avec ces choses-là” qu’elles ronchonnaient. »